2013 : Un millésime prometteur contre toute attente


Les années se terminant en 3 sont censées être de grandes années pour le vin. En Beaujolais, on espère que 2013 ne fera pas mentir la superstition. «Les sensations sont bonnes», annonce Robert Perroud, vigneron à Odenas (Rhône-Alpes). Sur ses parcelles escarpées de Brouilly, une vingtaine de vendangeurs s’activent depuis le 30 septembre à cueillir les grappes de Gamay bleu pétrole à jus blanc. «Les vins seront sûrement très colorés, observe Robert Perroud, dont les doigts prennent une teinte rougeâtre au fil des jours de vendange. Cette année, il y a à la fois des petits grains, qui apportent de la matière grâce à la pellicule, et des grosses baies qui donnent l’arôme du fruit».

Sursauts du climat

Pourtant, rien ne laisser présager une si belle récolte. En Beaujolais comme ailleurs, la météo capricieuse de 2013 a donné des sueurs froides aux vignerons: un printemps humide, c’est le risque de voir ses vignes dévorées par le mildiou. «Nous traitons les vignes de manière raisonnée: seulement 200g de cuivre pour 10.000m² ont suffi car les vignes ont développé une meilleure résistance naturelle», explique le vigneron.

Malgré un été très ensoleillé, les grappes se sont encore un peu fait attendre en septembre: les vendanges n’ont débuté qu’après la toute dernière semaine de beau temps qui a amené les raisins à pleine maturité. «On aurait pu être tenté de commencer plus tôt pour sauver du volume, mais je préfère trier un peu de raisins pourris que de cueillir des grappes roses», estime Robert Perroud, qui a toutefois un secret pour connaître la date des vendanges. «J’ai un lys blanc dans mes vignes. Lorsque la quatrième grappe de fleurs éclôt, je sais que les vendanges commenceront trois mois plus tard.» Cette année, le lys ne s’était trompé que de trois jours…

Des raisins gorgés de sucre

«Acidité, sucre, couleur: tout est parfait». Chez Lucien Lardy, vigneron à Fleurie (Rhône-Alpes), les vendanges sont tout aussi prometteuses. Ses Moulin à Vent, Fleurie et Beaujolais Villages s’annoncent bien sucrés. Déjà après trois jours de macération, le jus s’est teinté d’une couleur rouge appétissante et les levures ont commencé leur travail de transformation du sucre en alcool. «Il va même falloir les freiner en vinifiant à basse température», observe Lucien Lardy. La nature a bien fait son travail, c’est maintenant aux vignerons de déployer leur talent pour que les raisins de 2013 se transforment en bouteilles de grand millésime.

Source: 20minutes.fr