Déclarations de Robert Parker
Posté par     nov. 21, 2019     Home    0Commentaires

Avant le début des primeurs, trois experts internationaux, le critique américain Robert Parker, son compatriote Jeffrey Davies et le consultant français Michel Rolland, évoquent l'évolution des goûts dans le monde et celle de la qualité du vin.

C'est pour le Figaro que Robert Parker, Jeffrey Davies et Michel Rolland partagent leur avis sur l'évolution de la production viticole. Entre gout marketing et tradition culturelle, chacun défend son point de vue :

Pourquoi la France garde-t-elle la réputation de pratiquer des prix élevés, alors que les crus américains sont généralement plus chers ?

Robert Parker. - En Californie, on vend les vins directement au consommateur à un prix assez élevé, sans marge pour les revendeurs et grossistes. En France, vous avez un courtier, un négociant, un importateur, un détaillant et, enfin, le consommateur. Le vigneron mériterait plus de profit.
Jeffrey Davies. - Les meilleurs vins californiens sont très coûteux à produire. Mais les Américains sont plus forts que nous, à Bordeaux, pour créer la demande, maîtriser la rareté et, donc, maintenir des prix élevés.
Michel Rolland. - N’oublions pas qu’en France on trouve des vins très bons et peu onéreux !
Robert Parker - Le milieu, la presse restent obsédés par quarante grands crus. Voilà pourquoi les consommateurs sont persuadés que les vins français sont trop chers.

 

Y a-t-il d’autres pays à fort potentiel d’achat ?

Robert Parker - Oui. Singapour, la Corée du Sud, Taïwan, le Japon. En Europe, non.
Jeffrey Davies - Le Brésil, aussi.
Michel Rolland - On parle également de l’Inde, un réservoir de population phénoménal.

 

Les prix des vins français connaissent d’importantes fluctuations…

Robert Parker - L’obsession du millésime explique beaucoup de choses, chez le consommateur bien sûr, mais aussi chez les critiques de vins. Les grands millésimes entraînent spéculation et augmentation des tarifs. Pour les autres, c’est souvent une baisse des cours. Dans la Napa Valley, les vins peuvent être moyens, mais jamais mauvais, d’où une certaine stabilité des prix.
Michel Rolland - Je n’ai pas de solution. On a de grands exemples : le millésime 1984, pourtant insuffisant, s’est vendu trois fois le prix qu’il valait ! Seul Bordeaux est capable de ce genre de bévue.

Puisque tant de défauts ont été corrigés, n’est-il pas plus difficile d’établir une échelle de qualité ?

Robert Parker - Le niveau de qualité moyenne est très haut. Les écarts se resserrent. Le grand défi d’aujourd’hui est d’expliquer les nuances entre un bon vin et un très bon vin.
Michel Rolland - Les principaux vainqueurs sont les consommateurs, qui n’en ont jamais bu d’aussi bons qu’en ce moment.
Robert Parker - Une génération de consommateurs gâtés ! Je me souviens de la médiocrité des vins en 1966, en 1978. Michel a tout changé. Il a eu la plus grande influence sur la qualité du vin dans le monde, tant auprès des étudiants que des professionnels. Voilà pourquoi il est tant critiqué, comme moi, d’ailleurs.

 

Source : Le Figaro

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